06.07.2009

Argameddon did the job


ALLEN GINSBERG 1994
envoyé par soukaz. -
Eté 2009, beau et chaud... En juillet, il y a de superbes émissions le soir sur France Inter. C'est vrai toute l'année, mais en ce moment j'ai le temps de les écouter. Ce soir de neuf à dix, quelques "monuments" de culture US... Born to be wild, Kerouac. Belle soirée.. J'ai pensé à Ginsberg, dont je lis en ce moment "Kaddish".
J'ai trouvé sur le web cette surprenante lecture de Hum bom, faite à l'occasion d'un hommage à Felix Guattari en 94 à Beaubourg.
Pas vraiment utile de traduire. Argameddon did the job.

Whom bomb?
We bomb'd them!
Whom bomb?
We bomb'd them!
Whom bomb?
We bomb'd them!
Whom bomb?
We bomb'd them!

Whom bomb?
We bomb you!
Whom bomb?
We bomb you!
Whom bomb?
You bomb you!
Whom bomb?
You bomb you!

What do we do?
Who do we bomb?
What do we do?
Who do we bomb?
What do we do?
Who do we bomb?
What do we do?
Who do we bomb?

What do we do?
You bomb! You bomb them!
What do we do?
You bomb! You bomb them!
What do we do?
We bomb! We bomb you!
What do we do?
You bomb! You bomb you!

Whom bomb?
We bomb you!
Whom bomb?
We bomb you!
Whom bomb? You bomb you!
Whom bomb?
You bomb you!

Whydja bomb?
We didn't wanna bomb!
Whydja bomb?
We didn't wanna bomb!
Whydja bomb?
You didn't wanna bomb!
Whydja bomb?
You didn't wanna bomb!
Who said bomb?
Who said we hadda bomb?
Who said bomb?
Who said we hadda bomb?
Who said bomb?
Who said you hadda bomb?
Who said bomb?
Who said you hadda bomb?

Who wantsa bomb?
We don't wanna bomb!
Who wantsa bomb?
We don't wanna bomb!
Who wantsa bomb?
We don't wanna bomb!
We don't wanna
we don't wanna
we don't wanna bomb!

Who wanteda bomb?
Somebody musta wanteda bomb!
Who wanteda bomb?
Somebody musta wanteda bomb!
Who wanteda bomb?
Somebody musta wanteda bomb!
Who wanteda bomb?
Somebody musta wanteda bomb!
They wanteda bomb!
They neededa bomb!
They wanteda bomb!
They neededa bomb!
They wanteda bomb!
They neededa bomb!
They wanteda bomb!
They neededa bomb!

They thought they hadda bomb!
They thought they hadda bomb!
They thought they hadda bomb!
They thought they hadda bomb!

Saddam said he hadda bomb!
Bush said he better bomb!
Saddam said he hadda bomb!
Bush said he better bomb!
Saddam said he hadda bomb!
Bush said he better bomb!
Saddam said he hadda bomb!
Bush said he better bomb!

Whatdid he say he better bomb for?
Whatdid he say he better bomb for?
Whatdid he say he better bomb for?
Whatdid he say he better bomb for?

Hadda get ridda Saddam with a bomb!
Hadda get ridda Saddam with a bomb!
Hadda get ridda Saddam with a bomb!
Hadda get ridda Saddam with a bomb!

Saddam's still there building a bomb!
Saddam's still there building a bomb!
Saddam's still there building a bomb!
Saddam's still there building a bomb!

Armageddon did the job
Gog & Magog Gog & Magog
Armageddon did the job
Gog & Magog Gog & Magog
Gog & Magog Gog & Magog
Armageddon does the job
Gog & Magog Gog & Magog
Armageddon does the job

Armageddon for the mob
Gog & Magog Gog & Magog
Armageddon for the mob
Gog & Magog Gog & Magog

Gog & Magog Gog & Magog
Gog Magog Gog Magog
Gog & Magog Gog & Magog
Gog Magog Gog Magog

Gog Magog Gog Magog
Gog Magog Gog Magog
Gog Magog Gog Magog
Gog Magog Gog Magog

Ginsberg says Gog & Magog
Armageddon did the job.

 

 

 

29.06.2008

Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé

nerval.jpgNon, je n'ai pas un gros coup de blues...

Mais je viens de me rendre compte qu'alors qu'on célèbre en permanence je ne sais combien d'anniversaires de naissances et de décès, le bicentenaire de Gérard de Nerval est passé inaperçu.

J'ai dans ma bibliothèque un recueil de poésies (livre de poche 1226) qu'un ami de classe de seconde m'a laissé en 1970 (s'il lit ce blog et s'en souvient qu'il me laisse un message !). A l'époque, qui était aussi celle des âneries mystiques de Pauwels et Bergier (Planète), je lisais et relisais Delfica "Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours / Le temps va ramener l'ordre des anciens jours)....

 

Cependant la sibylle au visage latin

Est endormie encor sous l'arc de Constantin

- Et rien n'a dérangé le sévère portique -   

01.06.2008

Art poétique...

Une peu de Verlaine, pour commencer !

  1104010214.jpg

Art poétique

 

 

 

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

 

Autre chose (aujourd'hui je suis généreux !): Pour les parisiens, de toujours ou d'un jour, un petit tour au Grand Palais s'impose, pour admirer l'oeuvre "monumentale" de Richard Serra, "Promenade":

 http://www.monumenta.com/2008/

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29.05.2008

Le Prix Emmanuel Roblès à Blois

Si vous voulez tout savoir sur le prix du premier roman Emmanuel Roblès, qui sera decerné le 6 juin, voir le lien suivant:

http://www.web-tv-culture.com/

De magnifiques vues de Blois en prime !

Voir aussi sur le site d'Agglopolys:

http://www.agglo-blois.fr/actualites/actualites_162.php

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17.04.2008

Adieu Aimé Césaire

1337813021.jpgPartir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?


Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je
dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies,
humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l'oeil des mots
en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestiges de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre.
Et vous fantômes montez bleus de chimie d'une forêt de bêtes traquées de machines tordues d'un jujubier de chairs pourries d'un panier d'huîtres d'yeux d'un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d'une peau d'homme j'aurais des mots assez vastes pour vous contenir
et toi terre tendue terre saoule
terre grand sexe levé vers le soleil
terre grand délire de la mentule de Dieu
terre sauvage montée des resserres de la mer avec
dans la bouche une touffe de cécropies
terre dont je ne puis comparer la face houleuse qu'à
la forêt vierge et folle que je souhaiterais pouvoir en
guise de visage montrer aux yeux indéchiffreurs des
hommes




Il me suffirait d'une gorgée de ton lait jiculi pour qu'en toi je découvre toujours à même distance de mirage - mille fois plus natale et dorée d'un soleil que n'entame nul prisme - la terre où tout est libre et fraternel, ma terre.

Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».

Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai».
Et je lui dirais encore :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »

Et venant je me dirais à moi-même :
« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »

Aimé Césaire

27.10.2007

Ce grand cadavre à la renverse

22b2d12a41592f128ab6ac478cea0b22.jpgJe ne suis pas un inconditionnel de Bernard-Henri Lévy, mais je dois dire que son dernier bouquin  « Ce grand cadavre à la renverse » ne m’a pas déplu.

Un début amusant, où il raconte comment son ami Sarkozy a essayé de l’enrôler dans sa campagne, une redéfinition de ce que signifie être de gauche (antifasciste, anticolonialiste, dreyfusard, et quelque peu libertaire dans la continuité de 68) précèdent une « critique de la raison néo-progressiste » dans laquelle quelques alter-mondialistes et autres antilibéraux à deux balles sont remis à leur place. De même qu’il ne manque pas, plus gravement, de pointer comment derrière certains discours prétendument antisionistes, voire dans certaines thèses antimondialistes, ressortent les vieux clichés du plus infect antisémitisme.

Quelques faiblesses, comme cette obstination à rejeter les faiblesses de la campagne présidentielle de Ségolène Royal sur Chevènement, ce qui est un peu facile, ne font pas oublier le caractère rafraîchissant de l’ouvrage.

Après un rappel des principes de la laïcité, bien utile aujourd’hui, il nous cite les figures de son panthéon personnel : Sartre, Camus, Jean Moulin, Pierre Mendès-France…. J’ai quelques réserves sur le premier, dont la lucidité politique fut assez médiocre, mais pour les autres, on ne peut qu’applaudir des deux mains !

13.04.2007

Si c'est un homme

medium_si_c_est_un_homme.jpgLe 11 avril 1987, Primo Levi se donnait la mort à Turin.

En 1947 était paru "Si c'est un homme", qui commence ainsi "J'ai eu la chance de n'être déporté à Auschwitz qu'en 1944..."

 

Vous qui vivez en toute quiétude

Bien au chaud dans vos maisons,

Vous qui trouvez le soir en rentrant

La table mise et des visages amis,

Considérez si c'est un homme

Que celui qui peine dans la boue,

Qui ne connaît pas de repos,

Qui se bat pour un quignon de pain,

Qui meurt pour un oui pour un non.

Considérez si c'est une femme

Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux

Et jusqu'à la force de se souvenir,

Les yeux vides et le sein froid

Comme une grenouille en hiver.

N'oubliez pas que cela fut,

Non, ne l'oubliez pas :

Gravez ces mots dans votre cœur.

Pensez-y chez vous, dans la rue,

En vous couchant, en vous levant ;

Répétez-les à vos enfants.

Ou que votre maison s'écroule,

Que la maladie vous accable,

Que vos enfants se détournent de vous.

A lire, relire, et faire lire...  N'oubliez pas que cela fut.

 

24.03.2007

En attendant les meetings

medium_DISCOURS.jpg

"Si vous avez quelque chose à dire, ce sera après votre discours".

 

Excellent ! (Source: Philosophie magazine)

Rassurez-vous ce ne sera pas comme cela, ni mardi à Mont-près-Chambord, ni mercredi à la halle aux grains de Blois ! 

Un peu de lecture pour se détendre entre réunions et diffusions:

medium_HOUELLEBECQ.jpg

Je n'avais pas lu "La possibilité d'une île" de Michel Houellebecq à sa parution. Il est désormais disponible en livre de poche chez J'ai lu, je me suis laissé tenter. Même si l'auteur agace parfois, et se trouve souvent sur la limite ("borderline"...) sur certains thèmes brulants, même si on sent bien qu'il ne porte pas trop les gens de gauche dans son coeur, on est vite dans le bouquin. Incontestablement le bougre a du talent... et c'est après tout ce qu'on lui demande !     

 

                           On pmedium_monstresinvisibles.jpgeut aussi, et là sans hésiter,se plonger dans "Monstres invisbles" de Chuck Palahniuk.

Un grand écrivain, complétement déjanté, qui  nous emmène dans son monde parrallèle, peuplé d'une faune issue du monde la mode, d'un mannequin ayant perdu son visage, d'un trans accorché aux médics, et leur road-movie raconté dans un ordre aléatoire.. On pense à Dick, à Easton Ellis, bref on est chez les grands. (Palahniuk a aussi écrit, entre autres, Fight club).

11.02.2007

Un nouveau Salman Rushdie ...

medium_pamuk.jpgOrhan Pamuk, écrivain turc, prix Nobel de littérature, a quitté son pays où il vivait désormais sous une menace constante d'assassinat par les "nationalistes "turcs.

Rappelons que ces tueurs lui reprochent d'avoir simplement abordé la question arménienne, et parlé du génocide de 1915, ce qui aux yeux de ces gens mérite la mort.

Ils ont d'ailleurs tué recemment un journaliste, et l'on a vu le meurtrier s'exhiber avec les policiers chargés de le garder devant un photographe. Le meutre de Hrant Dink avait réveillé l'opinion turque, et des millers d'arméniens mais aussi de turcs avaient manifesté à Istambul.

C'est aux USA que Pamuk s'est réfugié... Espérons que le France et l'Europe sauront être à ses côtés et exiger de la Turquie que cesse ce climat de haine et de peur.

Voir l'article du Courrier International:

 http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=7...

 

Dans un autre registre, encore que ce ne soit pas sans rapport, la soirée de solidarité aux familles blésoises menacées d'expulsion a été un succès !

 

 

 

04.02.2007

American Darling

medium_american_darling_.jpgJ'ai attendu que le dernier Russel Banks, American Darling, paraisse en poche pour l'acheter, petit délai que je m'impose parfois. (Comme récemment, pour le traité d'athéologie de l'ami Onfray... j'ai bien fait c'est très moyen !)

Banks est un auteur remarquable: ancien routard, il a été le président du parlement international des écrivains, qui luttait contre toute forme de repression des écrivains dans le monde. Vaste entreprise, quand on pense qu'Ohran Pamuk doit annuler une tournée en Allemagne car il est menacé par les "nationalistes turcs", prêts à tuer tout ce qui écrit.

medium_banks.2.jpg

Ce roman est la vie d'une femme, américaine, que les hasards d'une vie agitée amènent au Libéria. C'est ausi le drame de ce pays, à l'histoire si particulière,  que Russel Banks nous fait découvrir, avec son immense talent. On entre facilement dans le livre, le plus dur est de s'en extraire ! 

 

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