02.07.2008

INGRID BETANCOURT LIBEREE

Enfin !!!!

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http://www.lemonde.fr/

29.06.2008

Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé

nerval.jpgNon, je n'ai pas un gros coup de blues...

Mais je viens de me rendre compte qu'alors qu'on célèbre en permanence je ne sais combien d'anniversaires de naissances et de décès, le bicentenaire de Gérard de Nerval est passé inaperçu.

J'ai dans ma bibliothèque un recueil de poésies (livre de poche 1226) qu'un ami de classe de seconde m'a laissé en 1970 (s'il lit ce blog et s'en souvient qu'il me laisse un message !). A l'époque, qui était aussi celle des âneries mystiques de Pauwels et Bergier (Planète), je lisais et relisais Delfica "Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours / Le temps va ramener l'ordre des anciens jours)....

 

Cependant la sibylle au visage latin

Est endormie encor sous l'arc de Constantin

- Et rien n'a dérangé le sévère portique -   

17.06.2008

Intervention de JM Baylet au Sénat: L'abstention négative

Je vous livre in extenso l'intervention de notre président au Sénat, dans le débat sur la réforme constitutionnelle.

A noter le superbe concept d'abstention négative (que je pense réutiliser si besoin est dans d'autres enceintes !) 

 

PROJET DE LOI CONSTITUTIONNELLE
DE MODERNISATION DES INSTITUTIONS  DE LA Vème REPUBLIQUE

INTERVENTION DE JEAN-MICHEL BAYLET
SENAT - LE 17 JUIN 2008

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mes chers collègues,

baylet_lyon2004.jpgDepuis sa promulgation le 4 octobre 1958, la Constitution de la Vème République a fait l'objet de plusieurs révisions mais rarement, et même jamais, d'une réforme profonde. Cinquante ans après, le moment est venu de redonner un nouveau souffle à nos institutions. Sans attendre, celles-ci doivent être rééquilibrées afin de mettre le droit en accord avec les faits.


En effet, l'accumulation de différents facteurs a rendu de plus en plus inapte le « parlementarisme rationalisé » inspiré, à l'époque, par la recherche de la stabilité gouvernementale.

Au fil des décennies, le principe de séparation des pouvoirs, si cher à Montesquieu, est devenu un mythe. Dans la pratique, la Constitution de la Vème République a favorisé l'exécutif au détriment du législatif.

 L'installation du fait majoritaire, l'élection du président de la République par tous les Français, puis, plus récemment, l'instauration du quinquennat et l'inversion du calendrier électoral, ont achevé d'accentuer, sans contre-pouvoirs, la nature présidentielle de notre régime. Et lorsque ce régime présidentiel consiste à disposer d'un exécutif à deux têtes dont
l'une est élue par le peuple et dont l'autre est responsable politiquement devant le Parlement, nous sommes face à une anomalie conceptuelle à laquelle il convient de remédier.

Le projet de loi constitutionnelle qui nous est proposé est-il en mesure de répondre à l'urgence institutionnelle de notre pays ? Je crains hélas que toutes les conditions ne soient pas réunies pour permettre à notre démocratie de s'épanouir davantage.

 Votre réforme, Monsieur le Premier Ministre, me semble trop timide et les radicaux de gauche, qui se sont investis sur cette question depuis près de 20 ans, souhaiteraient plus de courage et de détermination. Si le texte propose des avancées notables -et que nous apprécions- il ne va pas au bout d'une certaine logique qui consisterait à restaurer véritablement le pouvoir parlementaire en supprimant les verrous judicieusement posés par les constituants de 1958 et qui ont conduit, in fine, au musellement des assemblées.

En effet, il aurait été souhaitable d'aller plus loin et -disons-le- d'aller vers la VIème République, plus à même de répondre au défi de l'équilibre général de nos institutions. Dans cet esprit, Les radicaux de gauche avaient d'ailleurs déposé en 2000 au Sénat et à l'Assemblée nationale une proposition de loi destinée à offrir aux Français une Constitution rénovée qui prenne en compte leurs aspirations, rationalise certaines de nos procédures parlementaires et juridiques afin de leur rendre le pouvoir dont ils peuvent parfois s'estimer légitimement privés.

Notre vision, que j'ai eu l'occasion de défendre devant le Comité Balladur, est audacieuse, mes chers collègues. En effet, nous proposons un régime présidentiel fondé sur une séparation stricte des pouvoirs.

Dans cette perspective, nous avons déposé une série d'amendements qui permettent d'en finir avec cette dyarchie au sommet de l'Etat qui est
-reconnaissons-le- une exception dans les démocraties occidentales.

 Naturellement, il va de soi que l'instauration du régime présidentiel repose sur un renforcement puissant et sans faux-semblants des pouvoirs du Parlement. Nous proposons donc de mettre un terme au droit de dissolution et à la motion de censure. Nous voulons également la maîtrise par le Parlement de son ordre du jour et de son fonctionnement, ce qui implique naturellement la suppression totale de l'article 49.3 et du recours à la procédure d'urgence pour le vote des  lois.

La revalorisation des droits du Parlement passe aussi par la possibilité pour celui-ci de donner son accord sur certaines nominations du
Président de la République, et non pas seulement son avis. Nous proposerons donc une modification rédactionnelle à l'article 4.

Voici quelques uns, parmi d'autres, des dispositifs qui nous sembleraient opportuns.

Restauré dans ses droits, le Parlement doit aussi garantir l'expression du pluralisme. C'est un volet de la réforme auquel nous tenons
et je dois dire que le projet de loi est insuffisamment volontaire sur ce thème. C'est pourquoi, nous proposerons, nous radicaux de gauche, une autre rédaction de l'article 24 sur les droits des groupes, car le critère de distinction de la majorité et de l'opposition retenu ne recouvre pas l'exacte réalité de la vie parlementaire et encore moins sa diversité.

En outre, nous souhaitons l'introduction d'une dose de proportionnelle pour l'élection des députés. En effet, on ne peut pas à la fois proclamer vouloir renforcer les droits des citoyens et les priver du premier d'entre eux, celui d'être représentés au Parlement dans la diversité de leurs opinions.

Le texte est insuffisant sur ce thème et les amendements de la commission des Lois, Monsieur le rapporteur, destinés à bloquer une éventuelle
alternance au Sénat en constitutionnalisant le mode de scrutin, sont une provocation ; à tel point d'ailleurs que vous avez préféré les retirer, mais il n'empêche que le problème du mode d'élection des Sénateurs et de l'alternance dans la haute assemblée reste posée et ne reçoit ni réponse, ni proposition de votre part.

Les radicaux de gauche seront intransigeants sur ce point. Tout comme nous le serons aussi s'agissant de l'article 33 affublé, en première lecture, d'un critère démographique qui vise clairement la Turquie. Nous mettrons tout en oeuvre pour revenir sur ces petits calculs indignes de la Loi fondamentale.

Car, mes chers collègues, la Constitution c'est aussi un ensemble de principes fondamentaux qui doit rester à l'abri de toute transaction
circonstancielle ou partisane.

Je pense en particulier à la laïcité de plus en plus fragilisée dans son essence. Alors qu'elle devrait être un principe intangible, sa définition
varie au gré des débats et des souhaits de chacun. Pour les radicaux, il n'y a pas de laïcité positive, pas plus qu'il n'y a de laïcité négative ou même plurielle. Notre République ne saurait se définir en fonction d'une laïcité à géométrie variable. C'est pourquoi, nous souhaitons que soit rappelé avant l'article 1er les sources de ce principe : elle est définie dans la loi du 9 Mes collègues députés radicaux se sont abstenus sur ce texte, et leur président Gérard Charasse a parlé d'une abstention positive, c'est dire que malgré les critiques, nous trouvions des avancées et même beaucoup d'espoir.
La vérité nous oblige à vous dire, Monsieur le Premier Ministre que les amendements de la Commission des Lois du Sénat, dont l'initiative concernant la Turquie scandaleusement visée par la règle des 5%, ont beaucoup choqué.

Malgré cela, nous voulons rester confiants et comme l'ont fait nos collègues  Députés, les Sénateurs radicaux de gauche s'abstiendront. Mais sachez que nous passons d'une abstention d'espoir à une abstention négative de prudence. J'espère, M. le Premier Ministre, que d'ici le Congrès, voussaurez faire évoluer de manière satisfaisante ce texte -et j'en ai dit certaines conditions- et que nous pourrons enfin doter la France d'une Constitution moderne et plus démocratique

14.06.2008

De Spinoza et du non de l'Irlande

NO.jpg Et de trois! Après les Pays-bas et la France, c'est au tour de l'Irlande de voter massivement Non au traité de Lisbonne. A cause du week-end, ou peut-être parce que la France a du mal à se remettre de la volée que les hollandais lui ont mise au foot (j'avoue, en matière de foot, pratiquer le défaitisme révolutionnaire: plus vite ils perdent, moins longtemps on nous bassine), les commentaires sont encore assez minces.

Comme cette fois-ci on ne pourra pas me dire que c'est de la faute de Fabius ou de Besancenot, il faudra se poser la vraie question: pourquoi cette désaffection, pourquoi deux des pays fondateurs de l'union et l'un de la première vague d'adhésion, et qui doit son développement économique à cette union, refusent-ils ces textes qu'on leur propose ? Certes on pourra encore invoquer les alliances disparates des nonistes, ou tel ou tel aspect de la situation économique et politique irlandaise.

Mais cela risque d'être un peu court. Inutile de se lamenter, inutile aussi de se réjouir, cette Europe ne fait plus rêver, te ne recueille plus l'adhésion des peuples. Alors il faut inventer une autre Europe, un autre projet avec l'enthousiasme des "pères fondateurs", et comme le disait un vieil européen, Spinoza, "ni rire, ni pleurer, mais comprendre".

 Les radicaux ont toute leur place dans ce projet, et ils en débattront en octobre à Blois lors des Rendez-vous de l'histoire. 

 

 

01.06.2008

Art poétique...

Une peu de Verlaine, pour commencer !

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Art poétique

 

 

 

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

 

Autre chose (aujourd'hui je suis généreux !): Pour les parisiens, de toujours ou d'un jour, un petit tour au Grand Palais s'impose, pour admirer l'oeuvre "monumentale" de Richard Serra, "Promenade":

 http://www.monumenta.com/2008/

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