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27.10.2007

Ce grand cadavre à la renverse

22b2d12a41592f128ab6ac478cea0b22.jpgJe ne suis pas un inconditionnel de Bernard-Henri Lévy, mais je dois dire que son dernier bouquin  « Ce grand cadavre à la renverse » ne m’a pas déplu.

Un début amusant, où il raconte comment son ami Sarkozy a essayé de l’enrôler dans sa campagne, une redéfinition de ce que signifie être de gauche (antifasciste, anticolonialiste, dreyfusard, et quelque peu libertaire dans la continuité de 68) précèdent une « critique de la raison néo-progressiste » dans laquelle quelques alter-mondialistes et autres antilibéraux à deux balles sont remis à leur place. De même qu’il ne manque pas, plus gravement, de pointer comment derrière certains discours prétendument antisionistes, voire dans certaines thèses antimondialistes, ressortent les vieux clichés du plus infect antisémitisme.

Quelques faiblesses, comme cette obstination à rejeter les faiblesses de la campagne présidentielle de Ségolène Royal sur Chevènement, ce qui est un peu facile, ne font pas oublier le caractère rafraîchissant de l’ouvrage.

Après un rappel des principes de la laïcité, bien utile aujourd’hui, il nous cite les figures de son panthéon personnel : Sartre, Camus, Jean Moulin, Pierre Mendès-France…. J’ai quelques réserves sur le premier, dont la lucidité politique fut assez médiocre, mais pour les autres, on ne peut qu’applaudir des deux mains !

23.10.2007

Le régime de retraite des agents de la SNCF

72f70ee0fdab82865ca8f33e389abe6b.jpgQuelques mots sur le régime de retraite des agents de la SNCF :

-          Départ à 55 ans, 50 ans pour les roulants;

 -          retraite calculée sur les 10 derniers mois de salaires, en gros un an vaut 2% de salaire à la retraite, avec un maximum de 75 %.

 Mais :

 -          une base de calcul faussée,  puisque ne sont vraiment pris en compte pour le calcul que  88 % du salaire…

 -          Un effet pervers, l’obligation de partir à 55 ans , même si on souhaite rester (ce qui est le cas de beaucoup qui sont rentrés tard et qui n’ont pas assez cotisé pour avoir une retraite correcte, n’oublions pas que les salaires ne sont pas mirifiques !).

-          une surcotisation importante de l’employeur, visant à corriger l’effet démographique des suppressions d’emplois (plus de retraités et ayant droits que de salariés actifs !)

 Le gouvernement souhaite donc aligner ce régime sur celui des fonctionnaires….

La grève a été massive, mais il serait erroné de comparer avec celle de 95.

 -          Les agents redoutent l’isolement de leur combat ;

-          Cette réforme n’est pas une surprise, elle était au programme du candidat élu.

 Diversité syndicale…Sud rail et FO sont très combatifs, la CGT très prudente, la CFDT cherche à négocier et à limiter les conséquences pour les cinquantenaires…. Glorieux comportement du syndicat autonome des conducteurs de train, qui a laissé tomber les grévistes une fois garanti le maintien de l’écart entre cette catégorie de personnel et les autres….

 La gauche semble gênée aux entournures, et se réfugie derrière « la forme » plutôt que de se prononcer sur le fond: en fait il semble que le fait que Sarkozy s’occupe des régimes spéciaux nous évitera de le faire quand nous serons de retour aux affaires… mais il faudrait avoir dans ce cas une position un peu plus franche !

 

 

20.10.2007

Des news de Pascal-Eric Lalmy

09e92e91d4df5c0aac28b31d0fcf7e2b.jpgSi les radicaux de gauche internautes ne peuvent consulter ce week-end les news de Pascal-Eric Lalmy, c'est parce qu'il est à Blois, aux rendez-vous de l'histoire, où il a  ce matin, avec Joëlle Dusseau, animé une passionante conférence sur "Daladier, les radicaux et le Front populaire", et cet après-midi dédicacé ses ouvrages.

Il recommence cet exercice demain matin, et après c'est promis on vous le renvoie !

13.10.2007

A Blois samedi !

 

Dans le cadre de la 10e édition des Rendez-vous de l’histoire

de Blois, le Parti radical de gauche organise un débat intitulé :

2ede483b9b0934ec83a7a26020f9f286.jpg“Edouard Daladier, le Parti radical socialiste et le Front populaire”

Avec : Joëlle Dusseau, Sabine Jansen, Pascal-Eric

Lalmy, et en présence d’Hélène Mouchard-Zay

Nous serions heureux de vous y accueillir le samedi 20 octobre de 10h à 11h30 à l’Amphi rouge, Campus de la CCI, rue Anne de Bretagne, à Blois.

 

09.10.2007

Un article de Jean-Pierre Sueur dans Libé de ce jour

377a3891c1b53956a23b6ee0fac2572a.jpgAmendement ADN : pourquoi s’acharnent-ils ? Le retour d’un courant inquiétant de la droite française : le déterminisme génétique.

 Par Jean-Pierre SUEUR, sénateur du Loiret, ancien ministre.

 Ce n’est pas le moindre mérite des longs débats parlementaires, comme celui qui a duré quatre heures au Sénat sur le seul «amendement ADN», que de révéler le fond des choses, le posé et le présupposé, le dit et le non dit. Car nul, au terme de ce débat, ne peut prétendre un instant que le dispositif laborieusement concocté par la majorité des sénateurs UMP pour sauver la présence dans le texte sur l’immigration de ces trois lettres emblématiques, ADN, ait quelque chance de s’appliquer. Imaginons une demande de regroupement familial concernant un enfant vivant à mille ou deux mille kilomètres du consulat le plus proche en Afrique, en Asie, en Océanie (ce qui est une situation banale). Les autorités françaises, après avoir constaté les carences de l’état-civil, après avoir enquêté sur l’éventuelle «possession d’état», décideraient donc de faire procéder à un test ADN. Elles devraient en conséquence, selon le texte voté, saisir le tribunal de grande instance de Nantes, lequel devra procéder à des «investigations» (où ? comment ? avec quels moyens ? Investiguera-t-il sans envoyer personne sur place ?), puis tenir un débat contradictoire, avec, donc, le représentant de l’enfant, ou de ses représentants légaux - le père et la mère, alors que l’éventuel test ADN ne concernerait que la mère ! - qui sera nécessairement un avocat commis d’office (payé comment ?), qui ne connaîtra pas les personnes qu’il est censé défendre, ne les rencontrera pas (sinon, avec quels moyens ?), n’aura pas la possibilité de voir de près si l’état-civil, là-bas, est fiable ou pas, etc. Et ce n’est qu’un exemple des improvisations et contorsions juridiques auxquelles on s’est livré pour sauver l’amendement ADN. D’où une question. Pourquoi cette obstination, cet acharnement, cette rage à le faire passer coûte que coûte ? La première réponse est évidente : tout recul sur le symbole ADN - fût-ce pour d’évidentes raisons éthiques ou pratiques - porterait préjudice à l’acte fondateur du pouvoir en place, à savoir le ralliement d’une part importante des électeurs du Front National au candidat de l’UMP. Mais il en est une seconde, qui tient au surgissement des fondamentaux d’une certaine droite. Je veux parler de la fascination génétique. Il n’y a pas si longtemps, le ministre de l’Intérieur de l’époque envisageait, à la suite du rapport Ginesti et d’un autre de l’Inserm, de «dépister» chez les enfants en bas âge les futurs délinquants, ce qui signifiait implicitement que la délinquance était inscrite dans les gènes. Mais l’implicite devenait bientôt explicite lors du débat entre Michel Onfray et le candidat Sarkozy qui expliquait dans la revue Philosophie Magazine que la criminalité relevait de l’inné : «J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile.» On assiste aujourd’hui à la promotion d’une définition strictement génétique des liens familiaux, au rebours de toute notre tradition juridique.

 

Il y a derrière l’acharnement à faire passer l’amendement ADN, le retour de l’un des courants les plus inquiétants de la droite française : le déterminisme génétique, c’est la philosophie la plus conservatrice qui soit, c’est le contraire de l’humanisme, la négation de l’éducation et des capacités d’émancipation de chaque être humain.

07.10.2007

Où les cantonales se préparent... mal !

Vendredi soir, La fédération de Loir-et-Cher du PS  avait invité les autres partis de gauche à discuter ensemble de la préparation des cantonales, en nous précisant bien que c’était « ouvert ».

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Toutefois, passé les politesses habituelles, il est apparu très vite que le responsable du groupe socialiste au Conseil général avait des idées très précises sur la façon dont son parti envisageait de préparer ces élections. Résumons : s’il y a des sortants socialistes qui se représentent, ils sont le candidats de la gauche unie; S’ils ne se représentent pas la place revient naturellement au PS. Dans les cantons « de droite », le PS a généralement trouvé « le » candidat ». Reste donc un canton où le PS n’ayant personne,  les autres sont autorisés à se présenter… contre le Président du conseil, Maurice Leroy.

 

Une candidature verte serait tolérée dans un canton, à condition bien sur que le PS désigne le suppléant. Quant au PRG et au MRC, à l’exception d’une « terre de mission », ils sont invités à soutenir les socialistes et leurs nouveaux alliés…en oubliant rapidement qu’ils ont soutenu la candidature de Ségolène Royal, (au point même que la seule « personnalité », outre S. Royal, à venir dans le département pendant la campagne a été Christiane Taubira…) On est loin aussi de l’esprit d’unité qui avait prévalu lors des élections régionales (N’est pas Michel Sapin qui veut…) Bien entendu les discussions ne font que commencer, mais elles sont bien mal engagées !

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